La jouissance : un don, pas un maître

Nos yeux auraient pu seulement nous permettre de distinguer les formes, d’évaluer les distances, de reconnaître un visage ou d’apercevoir un danger. Pourtant, ils peuvent aussi rester longtemps arrêtés devant la lumière d’un soir, la profondeur d’un paysage ou les couleurs d’un tableau. Rien de tout cela n’est nécessaire pour éviter un obstacle ou trouver son chemin. Nous ne faisons pas que voir le monde : il nous arrive d’être bouleversés par sa beauté.
Nos oreilles nous avertissent de ce qui approche. Elles nous permettent de comprendre une parole, de reconnaître une voix, de nous orienter dans l’espace. Mais elles peuvent aussi recevoir quelques notes de musique et en être saisies d’une manière presque impossible à expliquer. Une mélodie réveille un souvenir, dénoue une émotion, ouvre en nous un lieu que nous ne savions pas fermé.
L’odorat repère une fumée, une nourriture altérée, une présence. Chez l’animal, il conduit vers une proie ou avertit de l’approche d’un prédateur. Pourtant, nous nous penchons sur une fleur pour respirer son parfum. Nous cherchons à retenir cette odeur fragile, à la recomposer, puis à nous en parer. Des essences sont recueillies, mêlées, travaillées pendant des années pour reproduire ou sublimer ce qui, au départ, ne semblait servir à rien d’autre qu’à être respiré.
Le goût nous attire vers ce qui nourrit et nous avertit aussi de ce qui pourrait nous faire du mal. Mais l’être humain ne mange pas seulement pour apaiser sa faim et refaire ses forces. Il choisit, assaisonne, fait mijoter, marie les saveurs, transmet des recettes. Autour de ce besoin élémentaire s’est développée toute une civilisation de la table.
Le toucher nous renseigne sur la chaleur, le froid, la dureté, la douceur ou la douleur. Il peut devenir une véritable manière de lire lorsque les doigts suivent les signes du braille. Mais il est aussi l’un de nos premiers langages. Avant même de comprendre les mots, l’enfant connaît les bras qui le portent, la main qui le rassure, le contact qui lui apprend qu’il n’est pas seul.
Nos cinq sens sont utiles. Ils nous permettent d’habiter le monde, d’y trouver ce dont nous avons besoin et d’éviter ce qui nous menace. Aucun ne s’arrête là. Chacun ouvre un passage vers le plaisir.
Des pans entiers de nos cultures et de nos économies reposent sur cette réalité. Nous voyageons pour voir, nous payons pour écouter, nous choisissons les matières que nous aimons porter ou toucher. Ce phénomène est si ordinaire que nous oublions parfois la question qu’il soulève : pourquoi sommes-nous capables non seulement de percevoir le monde, mais d’en jouir ?
Des arbres agréables à voir
La Bible ne présente pas la création comme un immense entrepôt où Dieu aurait déposé tout ce qui est nécessaire au fonctionnement de l’être humain. Dès le jardin d’Éden, les arbres sont décrits comme « agréables à voir et porteurs de fruits bons à manger » (Genèse 2,9).
La distinction est discrète, mais elle compte. Le fruit nourrit ; l’arbre, lui, est agréable à voir. Avant que l’être humain ait planté un jardin, peint un tableau ou composé un bouquet, Dieu avait placé dans la création quelque chose qui pouvait réjouir ses yeux.
Cette capacité de plaisir n’est d’ailleurs pas seulement en nous : elle rencontre dans le monde ce qui lui répond. Les sons peuvent former des harmonies et notre oreille ne les entend pas comme un bruit. La lumière change un paysage sans rien ajouter à son utilité.
Le fruit est là avant que nous ayons eu faim de lui. Le parfum de la fleur ne vient pas de nous. La musique nous atteint parfois sans même que nous sachions pourquoi elle nous bouleverse. Une grande part du plaisir commence ainsi : quelque chose nous est donné que nous n’avions ni produit ni mérité.
Tout ce qui procure une sensation agréable n’exprime pas pour autant la volonté de Dieu. Notre désir peut se tromper, se dérégler, chercher son plaisir dans la souffrance d’autrui ou dans ce qui finit par nous détruire. Cependant, la déformation ne supprime pas la réalité première : Dieu n’a pas seulement créé le besoin, il a créé un monde où la réponse au besoin peut devenir joie.
Nous aurions pu manger seulement pour ne pas mourir. Nous avons reçu le goût.
Nous aurions pu entendre seulement ce qu’il nous fallait comprendre. Nous avons reçu la musique.
Nous aurions pu toucher seulement pour identifier les choses. Nous avons reçu la tendresse.
La capacité d’éprouver du plaisir dit quelque chose de celui qui nous a faits. Elle nous parle d’un Dieu dont la bonté ne s’arrête pas au strict nécessaire.
Quand le plaisir prétend remplir la vie
Aucun livre biblique ne tient cette tension comme l’Ecclésiaste. Il refuse le mépris de la joie et l’illusion qu’elle pourrait suffire à donner un sens à la vie.
Il peut écrire :
« Si un homme mange, boit et prend du plaisir dans tout son travail, c’est un cadeau de Dieu. » — Ecclésiaste 3,13
Le mot est fort : cadeau. Il ne s’agit pas d’une permission accordée du bout des lèvres, et le texte ne demande à personne de s’excuser d’avoir goûté un bon repas ou d’avoir éprouvé de la joie. Recevoir ce qui est bon peut être une manière de reconnaître la bonté de celui qui donne.
Mais le même livre raconte l’expérience d’un homme qui a voulu explorer le plaisir jusqu’au bout. Il a recherché le vin, la richesse, les constructions, les jardins, la musique et tout ce que ses yeux pouvaient désirer. Il ne s’est privé d’aucune jouissance. Puis, regardant l’ensemble, il y a vu de la vanité et une poursuite du vent (Ecclésiaste 2,1-11).
Ce ne sont pas deux discours contradictoires. Dans un cas, le plaisir est reçu au milieu d’une vie dont il n’a pas à porter tout le poids. Dans l’autre, il est soumis à une expérience : peut-il remplir la vie, répondre à l’angoisse de la mort, donner à l’existence une consistance qu’elle semble perdre ?
Il ne le peut pas.
Le plaisir devient poursuite du vent lorsqu’on lui demande de porter la vie entière. Il redevient un cadeau dès qu’on cesse d’attendre de lui le sens de l’existence.
C’est pourquoi l’Ecclésiaste peut revenir au pain, au vin, aux vêtements de fête, au parfum et à l’amour :
« Jouis de la vie avec la femme que tu aimes » (Ecclésiaste 9,9).
Cette parole est prononcée dans un livre qui sait que l’être humain est mortel et que ses œuvres ne retiendront pas le temps. C’est précisément parce que la vie est fragile qu’il ne faut pas mépriser ce qui, en elle, peut être reçu comme bon.
Plus loin, le même auteur s’adresse au jeune homme :
« Jeune homme, réjouis-toi dans ton adolescence, livre ton cœur à la joie durant ta jeunesse, marche en suivant les voies de ton cœur et les regards de tes yeux ! Cependant, sache que pour tout cela Dieu t’appellera en jugement. » — Ecclésiaste 11,9
La joie et le jugement ne s’annulent pas. Le verset ne dit pas au jeune homme de se méfier de sa jeunesse. Il lui dit de s’y réjouir, et de savoir qu’il en répondra. Le plaisir peut être pleinement vécu sans devenir une autorité qui n’aurait de comptes à rendre à personne.
Pour que nous en jouissions
Paul reprend cette idée avec une liberté qui devrait nous arrêter. Dans sa première lettre à Timothée, il parle du Dieu « qui nous donne tout avec abondance pour que nous en jouissions » (1 Timothée 6,17).
Le mot n’est pas prudent. Paul aurait pu parler d’usage. Il parle de jouissance.
Paul s’adresse aux riches. Il les avertit de ne pas devenir orgueilleux et de ne pas placer leur espérance dans des richesses incertaines. Mais il ne leur demande pas de faire semblant que les biens reçus ne leur procurent aucun plaisir.
Aussitôt après, pourtant, Paul les appelle à être riches en œuvres bonnes, généreux et prêts à partager.
Le partage n’a pas pour but de s’excuser de la jouissance, comme s’il fallait payer pour avoir eu du plaisir. Il révèle la manière dont un don peut être reçu sans être capturé. Celui qui reconnaît que ce qu’il possède lui a été donné ne le serre pas de la même manière entre ses mains. Il peut laisser la joie circuler.
Un repas ne perd pas sa saveur parce qu’il est partagé. Il en gagne parfois une autre. La table nourrit, et elle devient un lieu de parole, de mémoire et d’accueil. Un plat préparé pour quelqu’un dit : j’ai pensé à toi, je t’ai attendu, je veux que tu te réjouisses avec moi.
Le plaisir reçu fait lever les yeux vers Dieu. Le plaisir partagé les tourne vers les autres.
Les cinq sens : une symphonie
Jusqu’ici, les sens semblaient suivre chacun leur chemin. L’œil contemplait un paysage, l’oreille recevait une musique, le goût s’éveillait à la table, le toucher rassurait un enfant. Mais il existe une expérience humaine dans laquelle ils se rejoignent presque tous : la rencontre amoureuse.
C’est là que la Bible nous conduit avec le Cantique des cantiques.
Le livre ne parle pas du corps à voix basse. Il parle de baisers, de lèvres, de seins, de mains qui enlacent, de parfums qui se répandent. Les corps y sont regardés avec une attention qui serait embarrassante si le texte ne se trouvait pas au cœur même de l’Écriture.
Que le Cantique ait aussi été lu, au cours de l’histoire, comme une image de l’amour de Dieu pour son peuple n’efface pas ce qui se trouve d’abord devant nous : un homme et une femme se désirent. Ils admirent leurs corps, se cherchent, s’appellent, se perdent et se retrouvent.
La femme y parle la première. Elle désire, elle appelle, elle décrit le corps de celui qu’elle aime. Elle veut ses baisers. Elle cherche sa présence. Sa voix traverse tout le livre.
Cela compte. L’expression « devoir conjugal » a beaucoup servi, dans un usage populaire qui n’a au fait jamais été celui de Paul, à réduire la sexualité de la femme à une dette : ce qu’elle doit plutôt que ce qu’elle désire. Paul rendait le mari débiteur au même titre. Mais le mot a vécu sa vie, et beaucoup de femmes ne l’ont jamais entendu autrement. Dans le Cantique, la femme ne reçoit pas un désir. Elle en a un, et une parole pour le dire.
Tous les sens se répondent. La voix de l’être aimé est entendue. Son visage et son corps sont contemplés. Ses parfums remplissent l’espace. Les baisers sont associés au vin, au miel, au lait et aux fruits. Les bras entourent et soutiennent.
Ni réduction à un moyen de reproduction, ni concession faite à la faiblesse humaine : un livre entier célèbre la joie de désirer et d’être désiré.
Mais cette joie n’est pas la consommation anonyme d’un corps. Le Cantique ne parle presque jamais de l’aimé : il lui parle. Le corps y est décrit dans le détail, de la tête aux pieds, parfois avec audace, mais celui qui décrit s’adresse à quelqu’un qui écoute, qui répond, qui désire à son tour ou qui se dérobe.
C’est là que la beauté d’un corps diffère de celle d’un paysage ou d’un tableau. Un paysage ne nous regarde pas. Un corps, si. Il a une histoire, une journée derrière lui, des peurs, une fatigue. Être désiré peut être une joie immense ; être réduit au désir de l’autre est une dépossession.
Le plaisir selon Dieu ne laisse jamais la personne disparaître derrière ce qu’elle procure. Cela se vérifie à des choses très simples : est-ce que je lui parle ? est-ce que je sais ce qu’a été sa journée ? est-ce que je remarque quand elle se dérobe ? Et celui ou celle qui se sent depuis longtemps réduit à un corps n’invente pas sa peine : le Cantique lui donne raison.
Le Cantique ne fournit pas à lui seul une éthique sexuelle : il ne traite ni la fidélité, ni le consentement, ni la violence. Mais il rend impossible une conception du plaisir où la jouissance de l’un justifierait l’effacement de l’autre.
Mange du miel, mais ne t’en gave pas
La Bible ne craint pas de dire que le miel est bon.
« Mon fils, mange du miel, car il est bon », lit-on dans les Proverbes (Proverbes 24,13). Il n’y a pas de soupçon dans cette phrase. Le père ne tend pas le miel à son fils en lui rappelant d’abord qu’il serait plus spirituel de ne pas l’aimer.
Mais un autre proverbe ajoute :
« Si tu trouves du miel, n’en mange pas trop ! Tu risquerais d’être saturé et de le vomir » (Proverbes 25,16).
La seconde parole ne dément pas la première. Elle la protège.
Le miel ne cesse pas d’être bon parce qu’il existe une limite. C’est précisément celui qui refuse la limite qui finit par perdre le plaisir. Il ne goûte plus la douceur ; il se gave jusqu’au dégoût.
La mesure n’est donc pas l’ennemie du plaisir. Elle l’empêche de se retourner contre lui-même.
Nous connaissons tous ce mouvement. Ce qui nous réjouissait ne suffit bientôt plus. Nous voulons le répéter, puis l’intensifier. Le goût du plat compte moins que la quantité. La musique devient un bruit permanent sans lequel le silence paraît insupportable. L’image doit être plus forte. L’achat doit être renouvelé. Le corps de l’autre doit répondre plus vite et plus complètement à notre attente.
Certains désirs deviennent dévorants. Un désir intense peut rester profondément humain ; ce qui dévore, c’est ce qui finit par absorber tout le reste : la mesure, la gratitude, la liberté, et parfois la personne dont il prétendait chercher la présence.
Le désir dévorant ne reçoit plus. Il prend. Il ne demande plus ce que la réalité peut offrir ; il exige qu’elle produise l’effet attendu.
Le plaisir se rétrécit alors au moment même où il prétend s’étendre.
C’est le passage de la réception à la captation.
Recevoir, c’est accueillir une chose bonne pour ce qu’elle est, sans la croire due et sans lui demander de combler toute une vie. Capturer, c’est vouloir la retenir et l’obliger à reproduire son effet.
Dans la réception, je peux encore admirer, remercier, partager et m’arrêter.
Dans la captation, il n’y a bientôt plus que moi et ce que j’exige.
Ce qui devait servir et qui commande
Il existe un moment où cette pente cesse d’être une pente. On ne glisse plus : on est tenu.
On le reconnaît à un signe très simple, et à un seul : essayer d’arrêter. Tant qu’on ne l’a pas essayé, on croit qu’on pourrait. Le verre du soir, l’écran de la nuit, les images qu’on referme vite, l’achat qui calme une heure. La chose qu’on avait choisie choisit désormais à notre place.
Ce qui rend cette servitude si difficile à dire, c’est qu’elle vit cachée. On ment peu, mais on ne raconte pas. Et dans une Église, la honte double : il faut se cacher de ceux-là mêmes qui pourraient aider. Beaucoup portent cela seuls pendant des années, en chantant chaque dimanche.
Ce n’est pas d’abord une faiblesse de la volonté, et le dire n’excuse rien : cela déplace seulement le lieu du combat. On ne sort pas de là par un serment pris un soir de dégoût. On en sort accompagné, lentement, parfois avec l’aide de gens dont c’est le métier.
Paul écrit :
« Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile ; tout m’est permis, mais je ne me laisserai pas dominer par quoi que ce soit. » — 1 Corinthiens 6,12
Il accorde la liberté deux fois avant de poser sa limite. La phrase ne méprise ni le corps ni le plaisir. Elle refuse qu’une chose bonne devienne un maître.
Et la phrase est au futur. Paul ne prononce pas une sentence sur celui qui serait déjà pris. Il décide, pendant qu’il est encore libre, de ce qu’il ne laissera jamais devenir son maître. C’est une parole d’homme libre, dite à temps.
Ailleurs, il se compare à l’athlète qui traite durement son corps pour ne pas être disqualifié après avoir annoncé l’Évangile aux autres (1 Corinthiens 9,24-27). Il parle de sa course et de sa mission. Mais la liberté, chez lui, n’a jamais consisté à être incapable de renoncer à ce que l’on désire.
L’ascèse saine ne déclare pas la guerre au corps. Elle refuse de lui abandonner le gouvernement de la vie.
Le jeûne peut ainsi rappeler que la nourriture est bonne sans être Dieu, et que la faim peut être entendue sans être immédiatement obéie.
Mais lorsque l’ascèse devient une manière de mépriser le corps ou de mesurer la spiritualité à la souffrance que l’on s’impose, elle trahit elle aussi la bonté du Créateur.
Le contraire du plaisir selon Dieu n’est pas la privation. C’est l’asservissement, qu’il prenne la forme de la démesure ou celle d’une dureté orgueilleuse envers soi-même.
Quand le monde n’a plus de goût
Dire que Dieu a voulu le plaisir ne signifie pas que chacun puisse y accéder de la même manière ni à chaque saison de sa vie.
Il arrive que le corps ne sache plus recevoir ce qui lui était autrefois doux. La dépression peut provoquer cette incapacité à prendre plaisir à ce qui nous réjouissait auparavant : la musique devient lointaine, les repas indifférents, les paysages sans relief. Ce n’est pas un manque d’effort ou de reconnaissance. C’est l’un des effets de la maladie. La douleur physique peut, elle aussi, transformer le toucher en souffrance. Après certains traumatismes, une caresse qui devrait rassurer peut réveiller la peur. La pauvreté peut réduire la question du repas à celle de savoir s’il y aura quelque chose à manger.
La capacité à éprouver du plaisir n’est pas un thermomètre de la foi.
Celui qui ne ressent plus la joie ne manque pas de reconnaissance. Il arrive que la souffrance ait fermé, pour un temps, certaines portes par lesquelles le monde entrait autrefois. La joie ne se commande pas à celui qui souffre.
On peut l’accompagner, protéger ce qui demeure vivant, offrir une présence, un repas, une musique ou une main sans exiger que le plaisir revienne. Ce qui était un don ne doit jamais devenir une nouvelle obligation spirituelle.
Peut-être la bonté de Dieu se manifeste-t-elle alors dans la patience de ceux qui restent là, jusqu’à ce que le monde retrouve, lentement, un peu de couleur.
Une sainteté qui garde le goût du monde
La Bible ne nous demande ni de soupçonner toute joie ni d’obéir à tous nos désirs.
Elle nous apprend à recevoir.
Recevoir la beauté sans croire qu’elle nous appartient. Recevoir la nourriture sans oublier celui qui manque de pain. Recevoir le corps aimé sans en faire un objet. Recevoir le plaisir sans attendre de lui ce que Dieu seul peut donner.
La gratitude ne diminue pas la joie. Elle lui donne sa profondeur.
Celui qui ne sait plus s’arrêter ne cherche plus le miel, mais la prochaine cuillerée.
Le plaisir reçu, lui, garde le goût des choses.
La sainteté ne consiste pas à devenir moins sensible à ce que Dieu a fait de bon. Elle apprend à remercier sans faire du don un dieu.
Dieu ne nous a pas créés pour survivre. Il nous a donné un monde à habiter et à savourer.
Sauf mention contraire, les citations bibliques sont tirées de la version Segond 21.




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